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Mika au Centre Bell : trop, c'est comme...

«Relax! Take it easy»... Relaxe, relaxe, je veux bien, mais comment faire entouré de 11 000 fans en délire - dont, à vue d'oeil, la moitié constituée d'adolescentes bien en voix... La nouvelle star Mika a beau avoir chanté son tube en ouverture du spectacle, il a passé l'heure et demie à sautiller partout, alimenté par l'enthousiasme particulier du public montréalais.


Un public extrêmement réceptif à sa pop, devons-nous souligner. Près de 120 000 des 200 000 exemplaires de son premier album, Life in Cartoon Motion, ont été écoulés ici. Le Centre Bell était le seul aréna de son itinéraire nord-américain. C'est à croire que le jeune Mica Penniman a pris racine chez nous pour mieux conquérir la planète.

C'est donc avec l'accueil que l'on réserve aux plus grandes stars que des milliers de voix se sont levées en choeur pour accueillir Mika, arrivé tard (21 h 30) quand même pour les plus jeunes qui avaient de l'école le lendemain. Mika n'y est pas allé de main morte: après une courte introduction instrumentale, vlan dans les dents, Relax, Take it Easy, puis la bombe disco Big Girl (You are Beautiful).

Le décor, tout modeste fut-il, illustrait bien l'imagination puérile qui habite l'oeuvre de Mika, une imagination justement très «cartoonesque», ainsi que l'indique le titre de son album. Un fond de scène rappelant l'arène d'un cirque, l'artiste lui-même vêtu d'un complet blanc, mi-maître de cérémonie, mi-John Travolta dans Saturday Night Fever. La scène paraissait toute petite, puisque la tournée seyait davantage aux clubs qu'aux stades, à moins que la grande taille du filiforme chanteur créé l'illusion optique. Pas d'éclairages extravagants, pas d'écrans géants, mais le prix des billets était plus que raisonnable.

C'est dans les détails que l'imagination brille. Pendant Big Girls (You are Beautiful), une «grosse» gonflable se dresse en arrière-scène, et cinq danseuses bien en chair et corsetées retrouvent Mika sur scène. Plus tard, on amène son petit piano électrique, ou alors on réaménage la scène selon les chansons.

Et la vedette semblait vraiment ravie d'être sur scène devant ce public qui l'a si bien accueillie il y a près d'un an, au Club Soda. Son énergie était franchement contagieuse, le personnage, parfait bilingue sur scène, fort attachant. Mais alors, qu'est-ce qui cloche?

Y'a que Mika ne connaît pas la nuance. Ses compositions dansantes sont toutes coulées sur le même moule disco, ses ballades (Any Other World, l'interminable Happy Ending) toutes trop sirupeuses, son falsetto trop utilisé, agaçant à la fin. Sa manie de citer ses idoles, sa plume sur-référencielle, font ombrage à son talent manifeste. On l'a autant comparé à Freddy Mercury qu'à Elton John. Pour l'heure, Mika n'en est qu'un pastiche.

Il est jeune, certes, et nous souhaitons toute la chance au coureur, qui a d'ailleurs dévoilé deux nouvelles chansons de son premier album. Holy Johnny avait l'air d'une bouée de sauvetage: les musiciens, devant la scène, ont fait un numéro acoustique et fringant, nourri de banjo et de planche à laver, bouillante d'espoir et d'imagination. Mais la deuxième, How Much Do You Love Me, passait pour un navrant souvenir des chansons d'Olivia Newton-John ou quelque autre naufrage musical des années 80. Après ces ballades et nouvelles compositions servies en milieu de concert, Mika a cependant rebondi de fulgurante manière en rappelant les Love Today, Grace Kelly, Lollipop et encore Relax, Take it Easy.

On s'en voudrait de terminer sans souligner la solide performance du quatuor montréalais Creature, croisement heureux des B 52's et du son DFA Records. Bien plus agréable à voir et entendre que The Rapture, le groupe dance-rock acidulé prévoit lancer son premier album le 5 mars prochain - enfin, depuis le temps qu'on nous en parle comme de la prochaine révélation locale!



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# Posté le vendredi 21 mars 2008 12:51

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